Sommes-nous réellement accros à notre smartphone?

Sommes-nous réellement accros à notre smartphone?

Chaque matin quand je prends les transports pour me rendre au bureau, tout le monde (ou presque) a la tête baissée, les yeux rivés sur son téléphone. Certains ont encore le bonheur de sentir le doux parfum boisé des livres, mais ils se comptent du bout des doigts. Dans les correspondances qui grouillent de monde au pas empressés, il n’est pas rare de voir des personnes se heurter, cause d’inattention provoquée par la distraction du téléphone. Et les soirs en rentrant, et bien c’est le même scénario.

Les smartphones, ces objets qui ont l’air de virtualiser toute notre vie sont devenus notre vie. Mais sommes-nous vraiment accros à notre smartphone ?

De l’utilité à la nécessité

Avec les features phones on se contentait d’émettre des appels, d’envoyer des sms et parfois de jouer à quelques jeux basiques intégrés. En y pensant, me reviennent à l’esprit ces souvenirs plaisants de ce bon vieux Nokia 3310 et son fameux jeux Snake resté dans la mémoire de bon nombre de vétérans. Cette époque où on pouvait passer deux journées sans recevoir un seul appel ni même un sms, où on n’était jamais distrait par le téléphone et où on pouvait encore parler à notre voisin dans les transports, qu’elle est bien loin cette vraie vie.

L’arrivée des smartphones et des applications mobiles a transformé notre vie, c’est une vérité indubitable. Pour presque chaque besoin de notre vie, nous avons une application mobile, pour étudier, pour travailler, pour s’organiser, pour voyager, pour se rencontrer, pour se soigner, pour s’habiller, pour jouer et même pour manger nous avons des applications mobiles. On est loin de la simple utilité, le téléphone est devenu quelque chose de nécessaire.

Du contenu, nous en produisons de plus en plus et nous sommes à l’affut de la moindre information (messages, notifications, alertes…)

De la passivité à l’activité

Dans le début des années 2000, les utilisateurs d’Internet étaient encore très passifs et se contentaient de consommer ce qu’on leur servait sur Internet, ils n’avaient pas d’autre choix que celui que voulaient bien leur donner les informaticiens chevronnés de l’époque et les blogueurs qui produisaient du contenu sur lequel les interactions étaient vraiment limitées. Puis il y a eu le Web 2.0 et l’apparition des réseaux sociaux: l’ouverture à un monde d’action-réaction inespéré.

Les réseaux sociaux ont ouvert les voies de la production de contenu grâce à différentes fonctionnalités interactives; les publications, les commentaires, les partages, les j’aime et autres tweets et retweets. Les utilisateurs découvrent qu’ils peuvent faire plus que consommer, ils peuvent produire, détourner, susciter l’intérêt et bien d’autres choses.

La communication est peut-être responsable de notre état d’addiction actuel

Je ne parle pas ici de la communication dans le sens large du terme, mais je parle des conversations via les applications de messagerie.

À l’époque du Nokia 3310, on utilisait les SMS pour nos conversations écrites, les MMS intervenaient parfois quand nous avions des fichiers de petite taille à envoyer. Aujourd’hui, le SMS est presque mort, dominé par des rivaux féroces, voraces et caractivores (qui consomme des chaînes de caractères, n’allez pas chercher dans le dictionnaire, je viens d’inventer ce mot) qui nous permettent de faire mieux que 160 caractères et surtout d’envoyer et de recevoir des photos, des vidéos, des fichiers audio de grande taille.

On peut échanger aisément et on a plusieurs applications de messagerie qu’on peut utiliser à notre guise sans rien payer en général. Pour vous donner un ordre d’idée, nous sommes à peu près 2 milliards à utiliser au moins une application de messagerie instantanée. Nous échangeons avec notre famille, nos amis virtuels ou dans la vraie vie, nous parlons de tout et de rien à chaque instant, enfin…dès que nous pouvons, cependant même si nous passons beaucoup de temps à converser, est-ce qu’on peut affirmer que les conversations sont la causes de notre addiction ?

Il y a une fonctionnalité que je soupçonne de nous rendre vraiment accros.

…les notifications!

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, ce sont eux les coupables. Leur conception psychologique nous oblige à les chercher même quand ils ne se signalent pas, et je parie qu’il y a moins de 30 minutes vous avez regardé votre téléphone pour vous assurer que vous n’avez rien rater.

Même si nous savons qu’à l’arrivée d’une notification le téléphone devra sonner ou vibrer, on n’attend pas forcément toujours cette alerte avant de consulter le téléphone. Ce qui nous pousse à regarder très souvent notre téléphone, ce sont les notifications qui nous signalent l’arrivée d’un nouveau message, d’un nouvel article de blog, d’une promotion, d’un mail, d’un commentaire, d’un j’aime, d’un reweet…Ces différentes actions nécessitant parfois des réactions, nous obligeant à rester braquer sur notre téléphone pour réagir: répondre au message, lire l’article, profiter de la promotion, répondre au mail, répondre au commentaire…

Finalement, nous ne sommes pas vraiment accros à nos téléphones mais plutôt à leur contenu, chacun de nous est accro à une ou plusieurs applications contenues dans son téléphone, pour certains ça sera Instagram, Facebook.., pour d’autres, Messenger, Twitter, Youtube, et pour d’autres encore, Whatsapp, LinkedIn, quoi qu’il en soit, notre addiction reste fortement liée aux applications mobiles. Encore faudrait-il que ce soit une addiction.

2 commentaires trouvés

  1. Bonjour Mr le développeur, félicitation pour la clarté et la concision du texte … on vous lit aisément. Je partage votre opinion sur cette forme d’addiction qui séduit de plus en plus certaines personnes. Je suis tenté de dire que l’avance Des NTIC n’est pas toujours bénéfique puisque comme tout processus de création, elle ne va pas sans destruction. La principale destruction intervient pour ma part au niveau du lien social qui s’affaiblit de plus en plus…. on s’éloigne Du proche et du vrai pour s’accrocher à ce qui est lointain et virtuel ( le virtuel n’étant pas forcément faux). La question est de savoir si nous sommes accro à notre téléphone, et bien je répond oui, dans la mesure que celui ci contient les applications qui séduisent les masses, on ne peut pas pour ma part dissocier le smart de son contenu; alors quand bien même une minorité se réclame de la vielle école ( je parle des usagers qui utilisent les téléphones dits : allô allô c’est à dire qui n’en consistent qu’à émettre et recevoir sans tout le superflu éblouissant que la société de consommation propose désormais), la majorité des gens sont à l’affût de la moindre innovation, il n’y a qu’à voir l’obsolescence forcée ou programmée qui commande comme de façon inconsciente ou consciente pourquoi pas, aux gens de changer et de tendre vers le new. A cet effet moi je vous repose la question de savoir si on peut être accro à un contenu sans l’être Pour le contenant?!
    CV…

Laisser un commentaire